Burundi : Renforcer la Résilience Climatique au Pays des 3000 Collines

Mar 28, 2023 | Actualité

Le Burundi, un beau pays aux milliers de collines, perd son capital naturel à un rythme alarmant en raison du changement climatique. Le pays est sculpté de collines verdoyantes où 90 % de la population vit et s’accroît. Il pleut neuf mois par an et des cascades coulent librement dans tout le pays. L’analyse Environnementale Pays (AEP) pour le Burundi datant de 2017 a révélé que le pays perdait chaque année 1,6 % de son PIB à cause de la dégradation des terres. Un nouveau rapport conjoint de la Banque mondiale et du Gouvernement du Burundi Lutte contre le Changement Climatique, la Dégradation des Terres et la Fragilité : Diagnostic des Facteurs de Fragilité Climatique et Environnementale dans les Paysages de Collines du Burundi – Vers un Plan d’Investissement Multisectoriel pour Renforcer la Résilience Climatique constate que le Burundi perd chaque année 5,2 % de sa superficie en raison de la dégradation des terres depuis 2020. Le Plan National de Développement (PND) vise à redonner à 16 % des terres dégradées leur ancienne productivité agricole. Toutefois, compte tenu du changement climatique, cet objectif est loin d’être suffisant pour freiner l’augmentation de 200 % de la dégradation des terres prévue dans tout le pays d’ici à 2050, y compris dans 118 collines du pays identifiées comme des zones à risque d’érosion des sols.

L’intensification des épisodes de fortes précipitations suivies de glissements de terrain ne fait qu’aggraver la situation, dégradant les terres rares et créant des tensions au sein des communautés, poussant les familles à se disputer les droits d’accès à la terre et perturbant la cohésion sociale dans ce pays fragile en situation post-conflit. En effet, au Burundi, plus de 85 % des affaires portées devant les tribunaux concernent des litiges liés à la propriété foncière. Le changement climatique est un multiplicateur de menaces qui enferme les communautés des collines burundaises dans un cercle vicieux de fragilité et de vulnérabilité face à la pauvreté, aux risques de dégradation des terres, à la perte des moyens de subsistance et au chômage.

Dans le contexte du Burundi, des investissements urgents sont nécessaires à l’échelle nationale pour restaurer les paysages du pays qui se dégradent rapidement sous l’effet du changement climatique, garantir les droits fonciers et rétablir la productivité des terres agricoles. Un processus intégré de gestion durable des paysages devrait être adopté pour renforcer en même temps la résilience des communautés fragiles et les moyens de subsistance des populations rurales face à l’intensification des chocs liés au climat (glissements de terrain, inondations et tempêtes principalement), tout en injectant des investissements indispensables dans les communautés à court d’argent et d’opportunités qui sont ébranlées par les impacts des chocs, par le biais du travail contre rémunération, des paiements numériques en espèces et de l’accès à des moyens de subsistance alternatifs générateurs de revenus et à de nouvelles chaînes de valeur vertes en dehors de l’agriculture pluviale.

Arame Tall
Nfamara K. Dampha

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