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Contexte National du Burundi
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Le Burundi s’inscrit activement dans la mise en œuvre des engagements internationaux relatifs à la lutte contre les changements climatiques. À ce titre, le pays a adhéré à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) le 25 janvier 1995, au Protocole de Kyoto le 18 octobre 2001, et a ratifié l’Accord de Paris le 17 janvier 2018, ainsi que l’Amendement de Doha le 17 novembre 2020.
Circonstances Nationales :
Le profil climatique du Burundi est défini par les facteurs clés qui dictent les priorités du système MRV :
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Profil Géographique et Écologique : Une topographie de montagnes et de plateaux influençant les microclimats et la biodiversité.
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Profil Démographique : Une forte densité de population qui accentue la pression sur l’utilisation des terres.
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Profil Socio-économique : Une économie dominée par le secteur agro-pastoral, principal moteur du développement mais aussi source majeure de vulnérabilité.
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Profil Sanitaire et Épidémiologique : Une attention particulière portée à l’impact du climat sur la santé publique.
Le Burundi est un pays situé aux confins de l’Afrique centrale et de l’Afrique orientale. Sa superficie couvre 27 834 km² dont 25 000 km² sont terrestres. Ses coordonnées géographiques sont: (i) Longitude: 29.00° et 30.54° Est; (ii) Latitude: 2.20° et 4.28° Sud.
Il est entouré au Nord par le Rwanda, à l’Est et au Sud par la République Unie de Tanzanie et à l’Ouest par la République Démocratique du Congo. Selon le nouveau découpage administratif (2025), le Burundi compte actuellement 5 provinces et 42 communes.

Carte administrative du Burundi avec 5 provinces et 42 communes
L’agriculture reste l’activité prédominante au Burundi et est pratiquée par plus de 90% de la population¹ et occupe 50% de la superficie des terres du Burundi². La taille moyenne par exploitation est de 0,5 ha.
La Cartographie de l’occupation des sols au Burundi de 1990-2022 réalisée par l’OBPE en 2024 a permis de donner les superficies des différents écosystèmes. Ainsi, la superficie des écosystèmes forestiers artificiels à base des Eucalyptus, Pinus, Cupressus et Callitris (un peu plus de 7% dп territoire national) est estimée à 187 740 ha, celle des autres terres boisées à 57 540 ha et celle des écosystèmes forestiers naturels à 77 516 ha
Écosystèmes terrestres et aquatiques du Burundi (2024)
| Types d’écosystèmes | Superficie (ha) |
| Écosystèmes agricoles | 2 017 281 |
| Écosystèmes forestiers artificiels à base des Eucalyptus, Pinus, Cupressus et Callitris (un peu plus de 7% du territoire national) | 187 740 |
| Autres terres boisées | 57 540 |
| Écosystèmes forestiers naturels | 77 516 |
| Pâturages | 110 547 |
| Tourbières | 7 854 |
| Lacs et rivières | 227 877 |
| Établissements | 34 786 |
Le Burundi compte cinq (5) régions éco-climatiques qui sont: la plaine occidentale de l’Imbo, les escarpements de Mumirwa, la Crête Congo-Nil, les plateaux centraux, les dépressions de Kumoso et de Bugesera. Elles sont représentées dans la figure ci-dessous.
La répartition de la pluviométrie et de la température en fonction de l’altitude au Burundi et des
régions éco-climatiques est donnée dans la figure ci-après.

Le bilan démographique montre que la population burundaise est passée de 9,4 millions en 2013 à 13,1 millions en 2023. En 2024, le Recensement Général de la population, de l’habitat et de l’agriculture a dénombré 12 332 788 habitants, dont 5 901 069 hommes et 6 431 719 femmes.
L’analyse démographique est importante car elle fournit des informations utiles qui peuvent être utilisées pour prendre de bonnes décisions dans les entreprises, le gouvernement et les services sociaux, entre autres. Elle aide à comprendre les caractéristiques d’une population et la manière dont elle pourrait évoluer à l’avenir, ce qui est important pour prendre des décisions.
Le taux de fécondité totale (TFT), également connu sous le nom d’indice synthétique de fécondité (ISF), est un indicateur démographique clé qui reflète le nombre moyen d’enfants qu’une femme aurait au cours de sa vie reproductive, en tenant compte des taux de fécondité actuels par âge. Il est passé de 5,3 en 2013 à 3,6 en 2023. Une fécondité élevée (plus de 2,5) peut conduire à une croissance rapide de la population, avec des implications sur les ressources et les services sociaux.
Le taux brut de mortalité (TBM) est le nombre de décès dans une population par rapport à la population totale, souvent exprimé pour 1 000 habitants sur une période donnée (généralement une année). Analyser et interpréter le taux brut de mortalité (TBM) est essentiel pour comprendre la santé d’une population et les dynamiques démographiques. Un TBM bas (en dessous de 8 pour 1 000) indique généralement une bonne santé publique, des systèmes de santé efficaces et une espérance de vie élevée tandis qu’un TBM élevé (au-dessus de 10 pour 1 000) peut signaler des problèmes de santé publique, des épidémies, des conflits ou d’autres crises.
L’analyse du taux brut de mortalité est donc cruciale pour comprendre la santé d’une population et orienter les politiques de santé.

Bilan démographique
La proportion des jeunes fait généralement référence à la proportion de la population totale qui appartient à un groupe d’âge spécifique, souvent défini comme ceux âgés de 15 à 24 ans; mais cela peut varier selon le contexte. L’analyse de la proportion des jeunes dans une population permet de comprendre les enjeux démographiques et de planifier des politiques adaptées.

Evolution des indicateurs démographiques
L’espérance de vie à la naissance est le nombre moyen d’années qu’un nouveau-né peut s’attendre à vivre, en tenant compte des taux de mortalité actuels par âge. Elle est généralement calculée à partir de tables de mortalité statistiques qui prennent en compte les taux de mortalité d’une génération donnée. L’analyse de l’espérance de vie à la naissance fournit des aperçus essentiels sur la santé d’une population et les déterminants sociaux qui la modèlent.
Une espérance de vie élevée (valeur supérieure à 80 ans) indique généralement un bon niveau de santé publique, de soins médicaux, de nutrition et de conditions de vie tandis qu’une espérance de vie faible (valeur inférieure à 65 ans) peut signaler des problèmes de santé, de pauvreté, de conflits ou d’accès limité aux soins.
Le taux brut de natalité (TBN) est le nombre de naissances vivantes dans une population pendant une année donnée, rapporté à la population totale, souvent exprimé pour 1 000 habitants. L’analyse du taux brut de natalité est cruciale pour comprendre les tendances démographiques et planifier des politiques adaptées. Un TBN élevé (plus de 30 pour 1 000) peut indiquer une population jeune, une culture de la famille nombreuse ou un manque d’accès à des méthodes de planification familiale tandis qu’un TBN faible (moins de 10 pour 1 000) peut signaler une baisse de la natalité due à des facteurs tels que l’urbanisation, l’éducation des femmes, l’accès à la contraception et des choix de vie alternatifs.
Le taux brut de natalité (TBN) est le nombre de naissances vivantes pour 1 000 habitants d’une population sur une période donnée, généralement une année. Analyser et interpréter le taux brut de natalité est essentiel pour comprendre la dynamique démographique d’une population.
Un TBN élevé (supérieur à 30 pour 1 000) peut indiquer une population jeune, une préférence pour des familles nombreuses ou un manque d’accès à la planification familiale tandis qu’un TBN faible (inférieur à 10 pour 1 000) peut signaler un vieillissement de la population, une urbanisation élevée, une éducation plus poussée, ou un accès amélioré aux contraceptifs.
L’analyse des exportations et importations de biens et services (en % du PIB) est cruciale pour comprendre la dynamique économique d’un pays et sa position dans le commerce international. Pour les exportations, un pourcentage élevé signale une économie compétitive et intégrée, tandis qu’un faible pourcentage peut indiquer des faiblesses structurelles; pour les importations, un pourcentage élevé peut signaler une dépendance économique, mais également une diversification des choix pour les consommateurs.
L’analyse du rapport des exportations sur les importations, souvent exprimé en pourcentage, offre une perspective importante sur la santé économique d’un pays et sa position dans le commerce international. Le rapport des exportations sur importations (E/I) est une mesure qui compare la valeur totale des exportations d’un pays à celle de ses importations. Dans le cas du Burundi, le pays importe plus qu’il n’exporte, ce qui peut être préoccupant sur le long terme, car cela peut entraîner un déficit commercial et un endettement chronique. Les pays qui investissent dans l’innovation peuvent voir une augmentation de leurs exportations.
L’analyse de l’investissement intérieur brut (IIB) en pourcentage du PIB est essentielle pour comprendre la dynamique économique d’un pays. Un IIB élevé suggère une économie robuste en croissance, tandis qu’un IIB faible peut indiquer des problèmes structurels ou une récession. L’examen de l’évolution de l’IIB (en % du PIB) sur plusieurs années peut révéler des tendances cycliques (hausses et baisses) et aider à identifier les périodes de reprise ou de ralentissement économique. L’analyse du rapport des impôts directs sur les impôts totaux (en % du PIB) est un outil précieux pour évaluer la structure et l’équité du système fiscal d’un pays. En fournissant des informations sur la dépendance à l’égard des revenus directs, il aide à comprendre comment les ressources sont collectées et redistribuées dans l’économie. Un rapport élevé indique une forte dépendance l’égard des impôts directs, ce qui peut signifier un système fiscal plus progressif, où les contribuables payent en fonction de leur capacité à le faire.
Le coefficient de dépendance est un indicateur démographique qui mesure la proportion de la population qui est dépendante par rapport à celle qui est active. Il permet d’évaluer la structure par âge de la population et d’analyser la pression économique que peut représenter la part dépendante de la population sur la part active. Il permet également de suivre les évolutions démographiques et économiques au fil du temps. Un coefficient élevé peut signaler la nécessité d’investissements accrus dans les soins de santé et l’éducation.
La consommation finale des ménages représente les dépenses des ménages pour des biens et services destinés à la consommation. Une consommation élevée peut indiquer une forte demande intérieure, ce qui stimule la production et la croissance économique. Une consommation stable peut signaler une économie résiliente, alors que des fluctuations importantes peuvent être synonymes d’instabilité.
L’analyse du taux annuel d’inflation est cruciale pour comprendre les enjeux économiques d’un pays. Elle fournit des indications sur le pouvoir d’achat des ménages, les politiques économiques à adopter, et l’état général de l’économie. Un suivi attentif et une compréhension des facteurs qui influent sur l’inflation sont essentiels pour les décideurs économiques et les investisseurs.

Evolution des indicateurs socio-économiques
Le profil épidémiologique et sanitaire du pays est caractérisé par la récurrence des épidémies de choléra et de rougeole ainsi que la prévalence du paludisme, de la tuberculose, le VIH/SIDA et la malnutrition dans certaines communes du pays.
En 2024, le taux de l’incidence nationale de paludisme était de 458,3 cas pour 1 000 habitants et les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans constituent la couche de la population la plus affectée.
De janvier 2023 à octobre 2025, le pays est en épidémie de choléra avec un cumul de 2 800 cas et 17 décès. L’enquête SMART 2022 estime le taux de malnutrition aiguë globale chez les enfants de moins de 5 ans à 4,8 %. Les zones les plus exposées à la malnutrition sont celles situées à la dépression du Nord, des Plateaux centraux, la Crête Congo-Nil et la Plaine de l’Imbo.
Les différentes évaluations des risques réalisées au niveau national ont mis en évidence le fait que l’apparition des flambées de cas de choléra, de paludisme ainsi que la malnutrition dans les communes à risque élevé est fortement liée aux effets du changement climatique auquel est confronté le pays qui se manifeste dans certaines communes par des fortes pluies entrainant des eaux stagnantes sources de maladies, ou un ensoleillement prolongé qui entrainent un déficit hydrique source de baisse de productivité agricole dans les plateaux centraux et les dépressions du Kumoso et Bugeresera (localités du Nord et Nord -Est du Burundi).
Profil de Risque et Vulnérabilité
Le Burundi fait face à des défis climatiques spécifiques que le MRV permet de monitorer :
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Risques de catastrophes : Suivi des inondations, glissements de terrain et sécheresses cycliques.
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Facteurs de vulnérabilité : Analyse de la résilience des communautés face aux chocs climatiques.
Le Burundi dispose d’une cartographie nationale multirisques permettant d’évaluer de manière intégrée les principaux aléas naturels et climatiques sources de catastrophes affectant son territoire. Réalisée à l’échelle nationale et couvrant l’ensemble des provinces du pays, cette cartographie analyse de façon combinée les dimensions d’aléa, d’exposition, de vulnérabilité et de risque probabiliste afin d’identifier les zones les plus exposées aux catastrophes. Elle prend en compte les principaux aléas climatiques et géophysiques, notamment les inondations, pluies torrentielles, glissements de terrain, vents violents et tremblements de terre. Les résultats, matérialisés par plus d’une centaine de cartes provinciales ainsi qu’une carte nationale multirisques et un atlas des risques, constituent un outil de référence pour la planification du développement, l’aménagement du territoire et l’intégration systématique du risque d’exposition aux catastrophes dans les politiques publiques.
Une plateforme numérique interactive, hébergée par l’Université du Burundi et accessible à l’adresse https://georisques.ub.edu.bi/#/, permet de consulter, de visualiser et de télécharger ces données, facilitant ainsi la prise de décision fondée sur des preuves et la priorisation des actions d’adaptation et de réduction des risques de catastrophes au niveau national et local.

Cartographie multirisque
Selon les publications de la plateforme nationale de gestion des risques de catastrophes, les impacts du changement climatique et des catastrophes sont énormes. Elles mettent en exergue la typologie des catastrophes (pluies torrentielles, inondations, grêle, glissements de terrain, vents violents), les personnes affectées de 2018 à 2025 (plus de 1 103 773 avec 201 396 déplacés, 166 décès) et les destructions diverses (plus de 20 225 maisons et 895 salles de classe totalement détruites).

Impacts du changement climatique et des catastrophes au Burundi
Les principaux facteurs de vulnérabilité identifiés sont entre autres:
1. Dépendance à l’Agriculture : une grande partie de la population dépend de l’agriculture pour sa subsistance, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux impacts climatiques. En effet, le secteur agriculture contribue en moyenne à 39,4 % du Produit Intérieur Brut (PIB) et procure plus de 86,1 % de l’emploi total (bien qu’il s’agisse pour l’essentiel d’emplois informels et saisonniers) contre 10,4 % pour les services et 3,5 % pour l’industrie (PND Burundi 2018-2027 révisé et son PAP 2023-2027).
2. Pauvreté: le niveau de pauvreté élevé au Burundi limite la capacité des communautés à s’adapter et être résilientes aux changements climatiques, rendant difficile l’accès à des ressources et à des technologies adaptées.
3. Infrastructure limitée : l’infrastructure insuffisante, en particulier dans les zones rurales, rendant difficile la gestion des risques liés aux événements climatiques extrêmes.
4. Sensibilisation et éducation: un manque de sensibilisation, de connaissance et de formation sur les pratiques d’adaptation climatique peut limiter la capacité des communautés à réagir efficacement aux changements climatiques.
5. Vulnérabilité en augmentation pour les groupes spécifiques: les femmes notamment chefs de ménages, les personnes vivant avec handicap, les Batwa, les jeunes, les enfants (scolarisés ou non), ainsi que les personnes déplacées, migrantes ou relocalisées/rapatriées, sont particulièrement vulnérables et le degré de vulnérabilité augmente avec les changements climatiques. Ces groupes sont appuyés par la communauté, l’administration et les ONG. Ces groupes doivent être sensibilisés aux impacts des changements climatiques et être davantage impliqués dans le développement communautaire, dans la prévention et mitigation des risques ainsi que dans l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques; ils ont notamment besoin d’appuis matériels et financiers par exemple à travers la création des AGR (activités génératrices de revenus).
La combinaison de ces impacts, risques et vulnérabilités souligne la nécessité d’un cadre solide pour l’adaptation climatique au Burundi. Cela inclut des investissements dans l’agriculture durable, la lutte antiérosive, la gestion des ressources en eau, la chaîne de valeurs et accès aux marchés, la sensibilisation et l’implication des communautés et le renforcement des infrastructures pour améliorer la résilience face aux effets du changement climatique. Des efforts concertés aux niveaux local, sectoriel, national et international sont essentiels pour faire face à ces défis.


